Témoignages

Je souhaite témoigner dans le cadre de l’enquête citée en objet dont j’ai eu connaissance par le journal OUEST-FRANCE.

 

J’ai 64 ans. J’ai avorté en 1977. Ayant déjà trois enfants, un de 6 ans et des jumeaux d’un an et j’étais enceinte malgré un stérilet encore bien à sa place. Mon couple battait de l’aile. Les services d’accompagnement de cet acte n’ont pas eu beaucoup de mal à cesser de m’en dissuader tellement j’étais déterminée. Cet avortement a été fait par aspiration. Ce n’était pas très agréable mais toute l’équipe était très professionnelle.

 

J’ai très bien vécu cette période. Je me suis vraiment sentie libérée. Je n’ai jamais eu aucun état d’âme par rapport à cette décision car pour moi, un fœtus n’est pas une personne, c’est un œuf. Ce n’est que mon couple ou à défaut, moi-même, qui sais ce qui est bien pour moi (nous), car personne d’autre NE SE METTRA JAMAIS A MA PLACE et c’est bien moi (ou nous) qui élèvera(ont), éventuellement ,  l’enfant à naître.

 

J’ai divorcé l’année suivante puis en 1987, par choix très assumé,  j’ai eu un autre enfant. J’ai adoré la période de ma jeunesse. J’étais très impliquée dans tout ce qui concerne les femmes, parité, égalité au travail, partage des tâches, affirmation de ses idées etc.. Je souhaite donc que pour les générations de femmes à venir, les choix perdurent et je me rends aux manifestations organisées dans ma ville pour soutenir le droit à l’avortement car je sens celui-ci menacé surtout lorsque l’on regarde comment certains pays d’Europe réagissent (Espagne, par exemple).

 

Cordialement.