D'hier à aujourd'hui

nos revendications

La déstigmatisation

Les partisans d'une société où la femme ne peut être que le complément de l'homme, maintenue dans son statut de « moitié » et soumise à l'injonction à la maternité irriguent un discours négatif sur les femmes qui ne souhaitent pas d'enfants du tout , ou à certains moments de leur vie. Trop de personnes ne parlent de l'avortement que comme d'un "échec", de ces femmes qui ne sont même « pas capables » d'utiliser correctement la contraception et qui « tombent enceintes » par « accident ». Tous ces mots sont intériorisés par les femmes qui vont être dévalorisées, déstabilisées,  quand elles sont dans une situation de grossesse non prévue.

Pour le Planning Familial , l'avortement et la contraception sont les deux jambes qui permettent d'avancer dans le droit de choisir sa vie, son ou sa partenaire, son rythme de vie. Ces deux techniques ne s'opposent pas. Il faut les expliquer.Une loi qui « autorise  » ou « permet », sera mieux comprise et utilisée si elle est connue, expliquée publiquement et sans tabou. Nous voulons en finir avec les IVG cachées, la culpabilisation des femmes, la maltraitance de la part de certains-es professionnels-les, le discours dominant dévalorisant pour les femmes,Nous voulons redonner aux femmes la possibilité d'être fières de faire des choix autonomes, que le droit d'avorter soit reconnu en France et ailleurs comme un droit respectueux des femmes et de leur dignité.

L'accès égal pour toutes

Le Planning Familial réclame une offre égalitaire sur tout le territoire. En effet, depuis 2009, la loi Hôpital Patient Santé Territoire et la généralisation de la T2A (Tarification à l'activité) entravent l'accès aux soins et en particulier à l'avortement. En 10 ans, plus d'une centaine de Centre IVG (Interruption volontaire de grossesse) ont fermé et d'autres sont menacés.  En effet les regroupements d'établissements pour augmenter la « rentabilité » entraient une réduction du nombre d'établissements pratiquant les IVG.

Nous réclamons que les femmes trouvent une réponse à leur demande d'avortement dans une structure de proximité comme cela est recommandé dans les recommandations de l'OMS sur les bonnes pratiques pour un avortement en toute sécurité, proximité, faible coût, plateau technique restreint et comme nous l'avons décrit dans notre plaquette commune avec nos partenaires de l'ANCIC et de la CADAC: «  quels CIVG nous voulons ». D'autres pays voisins le pratiquent ou l'ont pratiqué.

La démédicalisation

Comme nous l'avons constaté par la pratique des IVG médicamenteuses en ville ou centres de santé ou centres de planification, pour une grande majorité de femmes, cette méthode leur permet de rester chez elles, de s'organiser, de se prendre en charge en dehors d'une « surveillance médicale » avec l'accompagnement qui leur convient.

Nous affirmons que par une information claire , par une discussion au sein d'un groupe de femmes demandant l'IVG, femmes ayant fait leur IVG, personnes accompagnantes, l'expérience des unes et des autres va permettre la construction d'une représentation, une visualisation du déroulement de l'IVG forte où la femme se sentira actrice et capable de l'être en dehors d'une parole médicale, même pour une aspiration sous anesthesie locale.

L'OMS indique bien qu'un personnel de santé dit intermédiaire formé est à même de pratiquer un avortement en toute sécurité. Dans un premier temps, la proposition de pratique des IVG medicamenteuses par les sages femmes  serait à réétudier.