D'hier à aujourd'hui

historique de la lutte

Avant 1968,  l’axe de lutte du Planning était centré sur la contraception afin que les femmes ne soient plus soumises aux grossesses non désirées, puissent vivre une sexualité épanouie et tenir leur place de citoyenne active dans la société à l’égale des hommes.

A partir de la période post 68, Le Planning a été très actif dans la lutte pour rendre légal l’avortement en France avec d’autres associations ou mouvements des femmes réunies au sein du MLAC. Des aspirations par la méthode Karmann étaient pratiquées dans les permanences d’accueil, l’association accompagnait, à l’étranger,  des groupes de femmes demandant un avortement. Ces pratiques étaient affichées afin de faire pression sur le pouvoir politique.

Après la loi  promulguée en janvier 1975, le Planning s’est surtout attaché à faire appliquer la loi tout en demandant des modifications car la loi votée était restrictive, tolérant l’avortement au nom de la santé publique, mais en maintenant les femmes dans un statut de mineure, ne reconnaissait pas ce droit comme un droit fondamental des femmes. Il fallait accompagner les femmes dans les services hospitaliers afin de les protéger des résistances du monde médical. La création des centre autonomes d’IVG avec des équipes volontaires a permis cette pratique dans de bonnes conditions.

Un pas a été fait en 1982, grâce à une mobilisation de rue massive et un gouvernement où le ministère des droits des femmes a été fort sur le plan idéologique : le remboursement à 80% a été obtenu, mais sur un fond d’état dans les diverses mesures d’ordre social ce qui permettait aux opposants de remettre en question ce remboursement tous les ans jusqu’en 2001.

Le planning a continué de dénoncer les difficultés rencontrées par les femmes pour accéder à une IVG, pour les mineures l’autorisation d’un représentant légal était obligatoire, pour toutes les femmes un entretien pré IVG était obligatoire, la limite était de 12SA, la méthode médicamenteuse apparue entretemps ne se faisait qu’avec hospitalisation, l’avortement était toujours inscrit au code pénal… Grace à un travail étroit avec les parlementaires et le gouvernement, aux pressions médiatiques, une nouvelle loi a été votée en 2001 sur la contraception dont la contraception définitive, l’IVG, l’éducation à la sexualité, loi qui inscrit l’IVG comme un droit des femmes, mineures ou majeure, elles décident, l’entretien pré IVG est proposé ( sauf pour les mineures il reste obligatoire), la limite est passée 14SA, la méthode médicamenteuse peut se faire hors hopital.

A l'heure actuelle les enjeux sont très grands avec une remise en cause du droit à l'avortement par les opposants au droit de choisir, dans de nombreux pays européens mais également par une politique de santé obéissant à la loi HPST votée par le gouvernement précédent qui entraine une diminution des centres pratiquant les IVG, une disparition des centres de proximité. Pourtant des modifications positives ont été obtenues : le remboursement à 100% de l'acte d'IVG mais pas des actes associés, la disparition de la notion de détresse pour les femmes qui demandaient une IVG.