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Réforme de la loi sur l'avortement au Maroc : arbitrage attendu dans un mois

Un débat national sur l'avortement a été lancé au Maroc, suite à la mobilisation en soutien au professeur Chafik Chraïbi. Un arbitrage du roi est attendu dans un mois.

18/03/2015
Réforme de la loi sur l'avortement au Maroc : arbitrage attendu dans un mois

Début février, le Professeur Chafik Chraïbi, Président de l'Association Marocaine de Lutte contre l’Avortement Clandestin (AMLAC), avait été démis de ses fonctions pendant une semaine après la diffusion d’un reportage sur les avortements clandestins au Maroc.

Cette sanction avait entraîné une vague de mobilisation, poussant le Ministre de la santé Houssain Louardi à s’exprimer sur ce sujet encore tabou.Le 11 mars, trois jours après la Journée internationale des droits des femmes, ce dernier a annoncé l'ouverture d'un débat national sur l’avortement.

C’est dans la bibliothèque nationale de Rabat que ce débat a été inauguré le 16 mars, lors d’un évènement organisé par l’AMLAC, en partenariat avec l’association Droit et Justice et le Collectif national Droit à la santé. Selon des témoignages sur place, les intervenants-es ont insisté sur les questions de santé publique et d'inégalités sociales soulevées par la loi actuelle, qui n'autorise l'avortement qu'en cas de danger pour la vie ou la santé de la femme. Le même jour, le Roi Mohammed VI a reçu le Ministre de la Justice et des Libertés, le Ministre des Habous et des Affaires Islamiques et le Président du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH). Il leur a donné un mois pour faire des propositions de réforme, selon la presse marocaine.

Si l'on doit se réjouir de cette prise de conscience du gouvernement marocain, le combat pour la dépénalisation de l'avortement s'annonce long dans le royaume. On se souvient par exemple du tollé provoqué par l'arrivée en 2012 du bateau de l'ONG pro-choix Women on Waves, qui permet aux femmes qui le souhaitent d'avorter dans les eaux internationales. Le Planning Familial, qui défend le droit de toutes les femmes de disposer de leur corps, suivra avec attention l'évolution du débat.