FRANCE: Difficile accès à l'IVG en été

L'accès à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) se complique encore pendant l'été avec la fermeture de nombreuses structures pour les congés

08/08/2014

D'après la revue "Sciences Avenir Santé" du 04/08/14 :

La ministre des Affaires sociales Marisol Touraine a rappelé aux Agences régionales de santé (ARS) sa "détermination à ce qu'une permanence soit assurée dans chaque territoire" pour la pratique des IVG pendant l'été. Elle entend ainsi "lever les obstacles territoriaux qui peuvent encore se dresser contre l'égalité d'accès des femmes à ce droit fondamental". Hôpitaux fermés ou débordés, cabinets privés porte close ou à forts dépassements d'honoraires : le phénomène se reproduit chaque été, déplore le Planning familial.

 "Il y a déjà une tension tout au long de l'année" dans les régions où la demande est la plus forte, principalement Ile-de-France et Provence-Alpes-Côte d'Azur mais, l'été, les difficultés s'amplifient, a souligné auprès de l'AFP la secrétaire générale de l'association, Marie-Pierre Martinet. Avec "le risque que les femmes se retrouvent hors du délai légal d'avortement", soit 12 semaines de grossesse en France.

Des représentants de médecins libéraux minimisent les difficultés. "C'est vrai que l'on a du mal à trouver des remplaçants, mais en général les médecins s'organisent entre eux", assure Jean-Paul Ortiz, président du syndicat CSMF.

Une source hospitalière admet pourtant que "pendant cette période estivale beaucoup de praticiens hospitaliers, de gynécologues, sont en congés et, sans parler de rupture de continuité des soins, les patients ont un souci pour obtenir des rendez-vous.

Consciente du problème, l'ARS d'Ile-de-France a lancé un plan triennal (2014-2017) baptisé Frida visant à "réduire les inégalités d'accès à l'avortement" dans la région, où sont réalisées environ un quart des IVG recensées en France. Un accent particulier est mis sur l'été.

 

La gynécologue-obstétricienne Marie-Laure Brival, chef de service à la maternité des Lilas en Seine-Saint-Denis, estime cependant que, cette année encore, les difficultés d'accès à l'IVG sont "démultipliées" pendant l'été.

Dans les services restant ouverts, la demande est plus importante et les délais d'attente s'allongent, explique-t-elle, soulignant en outre la difficulté accrue pendant l'été de trouver des médecins pratiquant des IVG entre 10 et 12 semaines de grossesse.

Dans son service, ouvert tout l'été, "dès fin juin et jusqu'au 30 septembre, nous voyons notre activité augmenter de près de 30%, avec uniquement des situations d'urgence", c'est-à-dire des femmes dans des délais avancés, dit-elle.

"Sur les deux derniers jours, sans compter le programme habituel, j'ai dû accepter 5 femmes dans des délais de 12 semaines de grossesse, qui n'avaient pas trouvé de place ailleurs". Certaines s'étaient vues "proposer d'aller à l'étranger", dans des pays tels que les Pays-Bas, où les délais légaux sont plus longs.