En Pologne, les femmes de nouveau dans le viseur des conservateurs

Le Parlement polonais va se prononcer sur une proposition de loi qui interdirait totalement l'avortement. Les associations dénoncent l'hypocrisie des groupes qui se prétendent "pro-vie".

03/09/2015
En Pologne, les femmes de nouveau dans le viseur des conservateurs

La Pologne fait partie des pays européens où l'accès à l'avortement est le plus restreint. Les femmes ne peuvent avorter qu'en cas de danger pour la vie ou la santé de la femme, de viol ou de déformation foetale grave et les mineures doivent obtenir l'autorisation de leurs parents. La situation pourrait empirer la semaine prochaine, lorsque le Parlement se pronocera sur une proposition de loi qui interdirait l'avortement en toutes circonstances.

Seule exception - et comble de l'injure faite aux femmes : une disposition serait ajoutée dans le code pénal selon laquelle un médecin qui "contribue à la mort d'un enfant non-né" en cas de danger immédiat pour la santé ou la vie de la femme ne serait pas poursuivi. Une bien maigre "concession", typique des anti-choix, qui ne doit duper personne : si la loi est appliquée, il est fort à craindre que les médecins refuseront dans tous les cas de pratiquer des avortements par peur des poursuites, conduisant à des cas tragiques comme celui de Savita Halappanavar en Irlande.

Les associations de défense des droits des femmes en Pologne et en Europe - dont Le Planning Familial - appellent les députés.es à voter contre cette proposition de loi rétrograde et dangereuse. Elles rappellent que les législations restrictives n'ont jamais fait disparaître les avortements : elles ne font que les reléguer dans la clandestinité, obligeant des femmes à risquer leur vie. Une fois de plus, ce sont des groupes prétendument "pro-vie" qui sont prêts à condamner ces femmes à mort au nom de leur idéologie.

Mise à jour du 14 septembre 2015 : la mobilisation  a payé : le projet de loi a été rejeté ! Mais les associations polonaises sont fatiguées de se battre chaque année pour les mêmes droits. Plus d'infos sur le site d'ASTRA.