En Espagne, recul sur l’étude du projet de loi remettant en cause le droit des femmes à l’avortement

L’étude par le Conseil des ministres de la réforme la plus controversée du gouvernement de Mariano Rajoy, a été une nouvelle fois retardée et ne sera sans doute pas faite avant la fin de l’été.

08/08/2014

Si de plus en plus de rumeurs prédisent le report sine die d'un projet miné inopportun dans le contexte électoral espagnol, la proposition initiale ne sera qu’édulcorée et l’enterrement de ce projet de loi qui soulève une vive émotion en Espagne, n’est pas certain.

Le Conseil général du pouvoir judiciaire, qui a approuvé la réforme à dix voix contre huit et avec des réserves, a recommandé au gouvernement de réintroduire les risques de malformations « incompatibles avec la vie » parmi les motifs pour pouvoir avorter. La nouvelle loi, si elle est approuvée, devrait donc autoriser l'IVG dans les cas de malformations graves, recensées dans une liste précise. D'autres, comme la trisomie 21, ne devraient pas en faire partie, a tranché M. Gallardon le 1er juillet. « Jamais le handicap ne sera utilisé pour classer les citoyens entre ceux de première et ceux de seconde catégorie, ni avant ni après leur naissance », a-t-il affirmé, provoquant une nouvelle polémique en Espagne.

Pour autant si l’avant-projet de loi du gouvernement Rajoy est voté, ce texte va mettre l’Espagne au rang des pays dont la loi serait parmi les plus restrictives d’Europe, déniant aux femmes le droit de prendre des décisions concernant leur propre corps, ouvrant la voie aux avortements clandestins avec les conséquences que cela peut entrainer.