Actualités

Au Brésil, une pétition féministe interpelle les parlementaires

Alors que Dilma Roussef vient d'être réélue à la tête du Brésil, des militantes pro-choix se mobilisent pour inscrire une bonne fois pour toutes le droit à l'avortement à l'agenda du Parlement. Soutenons-les!

19/11/2014
Au Brésil, une pétition féministe interpelle les parlementaires

Au Brésil, l'interruption de grossesse n'est autorisée que dans trois cas : grossesses mettant en danger la vie de la mère, issues d'un viol ou s'il y a anencéphalie du fœtus, c'est-à-dire une absence totale ou partielle du cerveau qui empêche la survie du nourrisson. Les deux premiers cas sont prévus par la loi depuis 1940, le dernier est autorisé depuis une décision de la cour suprême de 2012.

 

Dans tous les autres cas, l'avortement est interdit. Une femme qui outrepasse cette interdiction risque jusqu'à 4 ans de prison. Voilà, en théorie, ce qu'est l'avortement légal au Brésil. Dans les faits, la situation est encore plus limitée. Bien que prévu par la loi depuis 1940, le premier service d'interruption de grossesse ne fut mis en place dans un hôpital de São Paulo qu'en 1989, peu de temps après la chute de la dictature.

Face au conservatisme des décideurs-es politiques, des militantes brésiliennes ont décidé d'agir afin d'inscrire le droit à l'avortement à l'agenda du parlement dès les premiers mois de la présidence de Roussef (qui commencera en janvier 2015). Dans un appel accompagné d'une pétition, elles demandent l'autorisation de l'interruption volontaire de grossesse jusqu'à 12 semaines, et sa prise en charge par le Système Unique de Santé (SUS, public et gratuit). Objectif : recueillir au moins 20.000 signatures afin que le sujet puisse être débattu par les parlementaires.

Signez ici la pétition des féminises brésiliennes pour le droit à l'avortement !

 

 Aujourd'hui, les complications liées aux avortements clandestins restent l'une des principales causes de décès maternels au Brésil. Les femmes pauvres en sont les premières victimes, dans un pays où les inégalités socio-économiques sont particulièrement fortes. En plus de bafouer les droits des femmes, la politique conservatrice du Brésil freine considérablement son développement économique et social. [Ipas, Effects of abortion cirminalization in Brazil : lack of access, lack of good quality of health care and increased risk of morbidity and maternal mortality, 2009]