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Accès à l'avortement au Maroc : un premier pas ?

Dans un communiqué publié vendredi 15 mai, le Palais Royal a annoncé qu'il autoriserait l'avortement en cas de viol, d'inceste et de malformations foetales graves.

18/05/2015
Accès à l'avortement au Maroc : un premier pas ?

Après trois mois d'intenses débats, le Maroc s'apprête à autoriser l'avortement dans certaines conditions : lorsque la grossesse fait suite à un viol, un inceste, et lorsque le foetus présente des malormations graves. Ces recommandations, annoncées par le Palais Royal, font notamment suite à la consultation du ministre de la Justice et des Affaires islamiques et du président du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH).  Elles doivent maintenant faire l'objet d'une loi.

S'il s'agit bien d'une avancée, plusieurs associations locales appellent néanmoins le royaume à aller plus loin. Elles pointent les limites de cette proposition de réforme a minima, qui ne mettra pas à elle seule un terme aux centaines d'avortements clandestins pratiqués quotidiennement dans le pays. Autorisée dans ces seuls cas de figure, l'interruption volontaire de grossesse est en effet pensée en termes de santé publique, mais il n'est vraissemblablement nulle part question de reconnaître le droit des femmes à disposer de leur corps. Qu'en est-il des jeunes filles mineures ? Des femmes qui n'ont pas accès à la contraception de leur choix ? De toutes celles qui ne veulent pas poursuivre leur grossesse ? Elles seront encore livrées à elles-mêmes et à la clandestinité.

Le Professeur Chafik Chraïbi, Président de l'Association Marocaine de Lutte contre l’Avortement Clandestin (AMLAC) et militant de longue date, espère que le débat pourra se poursuivre afin de prendre en compte ces réalités (à lire sur Le Monde). Une bonne raison, s'il en fallait une, de rester mobilisés-es !

Mis à jour le 19 mai 2015